Résultats des élections sociales 2016

Cher.e.s affilié.e.s et sympathisant.e.s,

Grâce notamment à votre soutien, nous conservons la majorité absolue de la représentation syndicale au Conseil d’Entreprise.
En ce qui concerne précisément les délégués appartenant aux corps scientifique et académique, côté collège employé, ce sont deux chercheurs qui siégeront en tant qu’effectifs : Maxime Fontaine (chercheur contractuel) et Sarah De Laet (doctorante).
Côté collège cadre, ce sont deux effectifs et trois suppléants qui siégeront également au conseil d’entreprise : David Gall, Aline Bingen, Grégory Lewkowicz, Corinne Gobin et Esteban Martinez Garcia.
Bien entendu, c’est en étroite collaboration avec nos collègues représentants du personnel administratif, technique, de gestion et spécialisé, que nous entendons mener notre travail de représentation syndicale.
Nous tiendrons en septembre une réunion de rentrée qui sera l’occasion de définir tous ensemble :
– les membres actifs du comité syndical,
– d’élire de président,
– de vous présenter et d’amender une proposition de cahier de revendications,
– et finalement de nous rencontrer, d’entendre vos attentes et de répondre à vos questions.
Merci pour votre confiance !
Vous trouverez les résultats complets ici : https://www.ulb.ac.be/ulb/elections/docs/ES2016-CE-Resultats.pdf

Les pensions des personnels scientifiques et académiques

Les pensions de retraite doivent être considérées comme un salaire différé. Leur montant dépend par conséquent du déroulement de l’ensemble de la carrière professionnelle. C’est donc en fin de carrière que la diversité et l’inégalité des statuts d’emploi révèlent toute leur importance. Et c’est à ce moment, très légitimement, que les collègues s’adressent au syndicat pour chercher des explications au montant de la pension, quelquefois inférieur aux attentes compte tenu de parcours professionnels marqués, souvent dans la recherche, par l’hétérogénéité et la précarité des statuts. Une fois nommé à titre définitif (à temps plein ou à temps partiel), le personnel académique bénéficie d’une pension du secteur public, plus favorable que celle du personnel scientifique (et les académiques non définitifs) ressortissant au régime des pensions du secteur privé. Ceci étant dit, les situations sont encore plus complexes. Ainsi, les années cotisées sous le statut d’assistant dans le secteur privé sont prises en compte dans la carrière donnant droit à une pension du secteur public en cas de nomination à titre définitif. Ce n’est pas le cas pour les boursiers doctorants ni pour les périodes post-doctorales, en tant que boursier ou salarié. C’est un « détail » rarement soupesé au moment de prescrire le statut de boursier et la réalisation d’un post-doc pour prétendre à un mandat définitif. Quant aux chercheurs contractuels, la CGSP-ULB a obtenu, de dure lutte faut-il le rappeler, l’instauration d’une pension complémentaire sous la forme d’une assurance-groupe.

Les régimes de pension et leur gestion à l’université soulèvent trois problèmes principaux.

1) Tout d’abord, le glissement qui se marque du statut d’assistant vers celui de boursier doctorant, de même que l’injonction à poursuivre la formation à travers un mandat post-doc, de préférence à l’étranger, conduit en définitive à une réduction de ce salaire différé que représente la pension, du moins en cas de nomination à titre définitif. Il suffit de noter comment se calcule la pension dans le cas le plus fréquent, celui du chargé de cours ou du premier assistant. Le montant de base au prorata des années de carrière correspond à 75 % de la moyenne des rémunérations des dix dernières années. Une pension complète est calculée sur une carrière de 55 ans, y compris le cas échéant la durée des mandats d’assistant (p. ex. 6 ans) et une bonification de diplôme (p. ex. 5 ans). Les années passées sous le statut de boursier ou de post-doc (sauf le post-doc ULB calé sur un mandat d’assistant) n’interviendront pas dans ce calcul.

2) Le deuxième problème provient de la politique gouvernementale qui vise in fine a aligner les pensions du secteur public sur celles, moins favorables, du secteur privé. Rien de plus simple : il suffit de supprimer la bonification de diplôme, de rallonger la période de référence pour le calcul de la pension (déjà passée de 5 à 10 ans) et la durée de la carrière nécessaire pour une pension complète (passer de 55 à 60 ans). Ces mesures sont en cours d’application ou dans les projets du gouvernement, ce qui a motivé les grèves dans les services publics de 2015 et les actions récentes du 19 avril 2016.

3) A cela s’ajoute un problème interne à l’université dans la gestion des pensions. Il s’avère que, dans un certain nombre de cas et pour des périodes d’emploi sous des statuts particuliers, les cotisations sociales relatives à la pension n’ont pas été versées en temps utile par l’université. En principe, une régularisation est opérée au moment de l’accès à la retraite. Cependant, il arrive que des collègues découvrent des années manquantes dans le décompte fourni par l’administration des pensions (ce qui a un impact sur le montant de la pension et/ou la durée de la carrière). S’il est vrai que dans ces cas, à la demande des intéressés, l’université procède au versement des arriérés, il reste que la plus grande vigilance s’impose.

Importance de la recherche contractuelle et de la « 3e mission »

La recherche sur fonds extérieur représente environ 700 personnes à l’ULB, répartis en 500 ETP (équivalents temps plein). La recherche contractuelle représente donc une partie importante de la recherche à l’ULB tant pour son activité scientifique que sa trésorerie. Pourtant, le statut de ces chercheuses et chercheurs demeure précaire et ne donne pas droit aux mêmes bénéfices que le personnel au cadre (en matière de pension notamment).

La recherche contractuelle est souvent mal considérée, mais elle rend de très nombreux services à la société – la fameuse 3e mission de l’Université que les autorités tendent à réduire à un « service à la communauté universitaire ». Les services à la société peuvent concerner des recherches en collaboration avec des associations et des entreprises, et déboucher par exemples sur la rédaction d’une proposition de loi ou l’aide à des groupes non solvables. Ce genre de recherche, très utile, n’est hélas pas pris en compte dans les CV des chercheurs.

A la CGSP nous pensons qu’il est possible de faire une carrière complète sous le statut de la recherche contractuelle, et nous nous battons pour améliorer ce statut.

Les boursiers participent aux élections sociales pour la première fois !

Pour la première fois à l’ULB, mais comme cela se pratique depuis longtemps à l’UCL, les boursiers seront éligibles et électeurs durant les élections sociales, suite à notre demande expresse. Ainsi les boursiers pourront être présents dans les instances légales, et toute la diversité du corps scientifique pourra y être représentée.

Elections sociales 2016

Les élections ont cette année une importance particulière, en raison du double autoritarisme du gouvernement fédéral et de nos autorités. A l’ULB en particulier, les syndicats apparaissent comme le dernier rempart contre les assauts du recteur et de son entourage entrepreneurial envers un enseignement de qualité et une recherche libre de définir ses problèmes avec les partenaires pertinents. Le productivisme envahit petit à petit l’université, et le recteur est aux manettes.

Voici notre programme pour ces élections.

L’ULB dégringole dans les rankings de la démocratie

Les quatre années passées, qui sont celles de la mise en place de la gouvernance, ont montré plus que jamais la nécessité d’avoir une opposition structurée face au recteur, (aux autorités) qui s’est montré particulièrement autoritaires à de nombreuses reprises.

Au nom de l’efficacité et d’un nouveau management, la nouvelle gouvernance a vidé la démocratie universitaire de son sens. Les représentants du corps scientifique ont perdu des sièges et, avec eux, leur capacité de s’opposer à certaines décisions…

Aujourd’hui, contrairement à ce qu’avait promis le recteur, le directeur général (Michel Loeb, ex Chiquita) et le président du CA (Pierre Gurdjian, ex-McKinsey) viennent tous deux directement du secteur privé. Comme si une université devait se résoudre à vendre des marchandises !

Actuellement, le seul lieu où le recteur et le président sont obligés de rendre des comptes est le conseil d’entreprise, organe légal auquel il ne peut déroger. Il doit en effet répondre aux questions des syndicats. Et nous ne nous sommes pas privés de le faire, et notamment de boycotter le CE quand nous n’obtenions pas de réponse correcte à nos questions. La moindre des ironies n’est pas que la gouvernance a conféré un nouveau rôle aux syndicats. Ayant dispersé l’opposition entre CoA et CA, les seuls organes où il est encore possible de contester sérieusement les décisions autoritaires sont ceux prévus par la loi. La gouvernance a dépolitisé les organes de décision de notre université. De surcroît, les autorités ont sur de nombreux points montré peu d’ouverture au dialogue et encore moins à la négociation. Dès lors, les syndicats constituent les derniers lieux de résistance face aux organes de la nouvelle gouvernance. Ce constat n’est pas fait pour nous réjouir. Nous avons assez de travail comme cela ! Et nous préférerions évidemment qu’un maximum de membres du personnel entrent en résistance face aux exigences de plus en plus folles qui pèsent sur nos conditions de travail

L’enseignement de plus en plus dévalorisé par rapport à la recherche

Il semble que l’idéal managerial soit de faire donner un maximum de séminaires, TP et labos via des sous-statuts (AEX, chargé d’exercice) et de produire un maximum de thèses via des boursiers. Or, ces statuts sont peu enviables (un boursier sait rarement que ses années de recherche ne pourront pas être valorisées dans le calcul de sa pension de la même manière que celles d’un assistant)

Au lieu de diviser les grands auditoires, on nomme des assistants pédagogiques qui sont déchargés de toute activité scientifique. De plus en plus les fonctions d’enseignement et de recherche sont séparées, comme en témoignent les attaques contre le statut d’assistant.

De plus en plus de tâches sont effectuées par des personnes qui ne devraient pas les faire : boursiers qui donnent des séminaires, chercheurs contractuels qui suivent des mémoires… Les départements sont soumis à des évaluations dont souvent on ne comprend pas le sens. Enfin, quoiqu’en disent les autorités, les rankings pèsent de tout leurs poids dans les orientations stratégiques et dans la nomination des personnes.