Corps scientifique

Le corps scientifique est un corps hétérogène, dans lequel la multiplicité des statuts rime avec inégalités. Les chercheurs contractuels sont de plus en plus la cible des autorités universitaires qui ne savent « pas trop quoi faire » de ces chercheurs qui n’entrent pas dans la comptabilité du marketing-scientifique… surtout lorsqu’elle se refuse à faire valoir et promouvoir la fonction sociale et de service à la collectivité de l’université, dénigrant ainsi tout le travail de recherche à destination des institutions publiques qui est produit dans notre université.

Les assistants  ont un statut un peu plus sécurisé (6 ans de contrat, une sécurité relative et rarissime), mais pour combien de temps ? On voit en effet que l’université diminue et souhaite diminuer le nombre d’assistant car ceux-ci coûteraient chers, et finalement ne produisent pas assez de thèses et d’articles … et puis pourquoi avoir des assistants quand on peut avoir des boursiers défiscalisés et des chargés d’exercice au barème inférieur ? Pourtant le statut d’assistant représente ce que doit être l’université : l’articulation entre  enseignement et recherche.

Le corollaire de ces attaques sur les contrats de travail, est l’augmentation du nombre de boursiers. Étant sous le régime étudiant, leurs bourses sont défiscalisées, ils coûtent donc  moins chers que les autres chercheurs ! Ce statut d’étudiant va de pair avec d’une part des interdictions d’exercer certaines tâches (mais qui dans les faits sont réalisées), et d’autre part l’absence de certains droits et avantages dont jouissent les autres travailleurs. En théorie, les boursiers sont donc censés se consacrer exclusivement à la réalisation d’une thèse sous la direction d’un promoteur. Mais dans les faits, et de plus en plus, ils participent à l’encadrement des étudiants, à des séances de travaux pratiques et d’exercices, au suivi des mémoires, à la surveillance des examens, et donnent même à des cours. Pourtant les boursiers ne cotisent pas pour leur pension au même niveau que les assistants, ne jouissent pas de remboursement pour les transports de la part de l’université, doivent financer leurs ordinateurs portables sur leurs propres deniers, etc… Sans compter que de nouveaux problèmes émergent, comme par exemple les boursiers doctorants étrangers payés à un niveau très nettement inférieur à celui des boursiers, mais également les personnes prêtent à donner des TP totalement bénévolement, sans être liés à l’université, …

La représentation institutionnelle des boursiers est asymétrique : ils font partie du corps scientifique, qui est mal représenté au CA, au CoA, et dans les conseils facultaires. En pratique, dès qu’un problème se pose, ils comptent sur les syndicats (qui ne les représentent pas officiellement) pour les défendre individuellement et collectivement. Du coup, les Autorités peuvent facilement nous dire qu’ils discutent avec le corps scientifique pour ensuite nous présenter les résultats d’une soi-disant négociation comme un fait accompli !

C’est pour cela que cette année, pour la première fois à l’ULB, mais comme cela se pratique depuis longtemps à l’UCL, les boursiers seront éligibles et électeurs durant les élections sociales, suite à notre demande expresse. Ainsi les boursiers pourront être présents dans les instances légales, et toute la diversité du corps scientifique pourra y être représentée.

Nos revendications :

  • Réalisation d’une enquête sur le stress et le burn-out à l’ULB. Nous demandons que les syndicats soient représentés dans le comité de suivi de cette étude.
  • Définir les conditions de travail des boursiers impliqués dans l’encadrement des étudiants (charge horaire plafonnée, uniquement sur base volontaire et avec un lien avec le travail de thèse) et mise sur pied d’un organe de contrôle où les syndicats sont représentés.
  • Faire reconnaître les activités accomplies dans le cadre de la 3e mission (services à la collectivité) lors de l’évaluation des chercheurs contractuels : placer les 3 missions sur un pied d’égalité.
  • Défendre le statut d’assistant et la filière interne de recrutement définitif. Revaloriser le statut d’assistant et augmentation de leur nombre.
  • Nous constatons que certains doctorants étrangers ont parfois moins que le salaire minimum. Nous exigeons qu’un salaire minimum soit défini dans les conventions.
  • Obtenir une aide financière de l’université pour permettre la mobilité internationale dans les meilleures conditions.
  • Rembourser les inscriptions des doctorants.
  • Droit effectif pour tout employé de l’ULB d’avoir accès aux documents officiels du CA, CoA et même de la DS (délégation syndicale).