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Mc Kinsey ne s’installera pas à l’ULB

C’est une victoire pour toute la communauté universitaire qui s’est fortement mobilisée ! La firme de consultance Mc Kinsey renonce à s’installer sur le campus de la plaine.

Pour rappel voici l’argumentaire des Désexcellents : ICI  

Cartes blanches, pétitions des étudiants et des organisations syndicales … nous avons su nous montrer unis et combatifs et … ça marche !

 

 

 

Appel à mobilisation : McKinsey n’a pas sa place à l’ULB !

L’ULB prévoit un partenariat avec la société McKinsey, multinationale spécialisée dans la consultance. Celle-ci installerait de nouveaux bureaux sur le campus de la Plaine, en contrepartie du financement partiel de la construction d’un nouveau bâtiment par l’ULB.

Si la présence d’une entreprise privée au sein de notre université nous semble déjà choquante, le choix de McKinsey en particulier est encore plus interpellant. Cette société est en effet connue pour la « qualité » de ses conseils, issus de la pensée néolibérale. Ceux-ci visent à assurer à travers un « enseignement d’excellence » l’employabilité maximale des futurs travailleurs et travailleuses. L’université étant une institution majoritairement financée par les autorités publiques, nous pensons qu’elle doit répondre aux besoins de la société dans son ensemble et non à ceux des entreprises privées : l’université doit créer des cerveaux critiques et non de la main-d’œuvre soumise.

Les liens entre McKinsey et Pierre Gurdjian, président du Conseil d’administration de l’ULB sont également préoccupants. Avant d’être nommé au CA de l’ULB, celui-ci a travaillé pendant trente ans pour McKinsey et a dirigé le bureau belge entre 2005 et 2012. Cette collusion grossière n’est pas sans rappeler l’exemple de José Manuel Barroso qui a rejoint Goldman Sachs une fois son mandat à la tête de la Commission européenne terminé. Il est pour nous inacceptable de voir ces pratiques se réaliser au sein de notre université.

Enfin, les étudiants membres du BEA (Bureau des étudiants administrateurs) ont pointé le manque de transparence dans la gestion du dossier. Ils rapportent avoir subi des pressions visant à ne pas ébruiter le projet, une étudiant-administrateur s’était même vu notifier l’interdiction de communiquer ces informations à son Conseil étudiant. Non contentes de vendre notre université au secteur privé, les autorités de l’ULB tentent également de nous le cacher.

Pour toutes ces raisons, nous rejoignons les initiatives des étudiants du BEA, de l’Union syndicale étudiante et de la CNE en appelant à soutenir le rassemblement prévu devant le Conseil d’Administration de ce lundi 17 octobre à 9h30 (bâtiment K – niveau 3 – salle K.3.601).

L’ULB dégringole dans les rankings de la démocratie

Les quatre années passées, qui sont celles de la mise en place de la gouvernance, ont montré plus que jamais la nécessité d’avoir une opposition structurée face au recteur, (aux autorités) qui s’est montré particulièrement autoritaires à de nombreuses reprises.

Au nom de l’efficacité et d’un nouveau management, la nouvelle gouvernance a vidé la démocratie universitaire de son sens. Les représentants du corps scientifique ont perdu des sièges et, avec eux, leur capacité de s’opposer à certaines décisions…

Aujourd’hui, contrairement à ce qu’avait promis le recteur, le directeur général (Michel Loeb, ex Chiquita) et le président du CA (Pierre Gurdjian, ex-McKinsey) viennent tous deux directement du secteur privé. Comme si une université devait se résoudre à vendre des marchandises !

Actuellement, le seul lieu où le recteur et le président sont obligés de rendre des comptes est le conseil d’entreprise, organe légal auquel il ne peut déroger. Il doit en effet répondre aux questions des syndicats. Et nous ne nous sommes pas privés de le faire, et notamment de boycotter le CE quand nous n’obtenions pas de réponse correcte à nos questions. La moindre des ironies n’est pas que la gouvernance a conféré un nouveau rôle aux syndicats. Ayant dispersé l’opposition entre CoA et CA, les seuls organes où il est encore possible de contester sérieusement les décisions autoritaires sont ceux prévus par la loi. La gouvernance a dépolitisé les organes de décision de notre université. De surcroît, les autorités ont sur de nombreux points montré peu d’ouverture au dialogue et encore moins à la négociation. Dès lors, les syndicats constituent les derniers lieux de résistance face aux organes de la nouvelle gouvernance. Ce constat n’est pas fait pour nous réjouir. Nous avons assez de travail comme cela ! Et nous préférerions évidemment qu’un maximum de membres du personnel entrent en résistance face aux exigences de plus en plus folles qui pèsent sur nos conditions de travail