Archives mensuelles : février 2016

Les boursiers participent aux élections sociales pour la première fois !

Pour la première fois à l’ULB, mais comme cela se pratique depuis longtemps à l’UCL, les boursiers seront éligibles et électeurs durant les élections sociales, suite à notre demande expresse. Ainsi les boursiers pourront être présents dans les instances légales, et toute la diversité du corps scientifique pourra y être représentée.

Elections sociales 2016

Les élections ont cette année une importance particulière, en raison du double autoritarisme du gouvernement fédéral et de nos autorités. A l’ULB en particulier, les syndicats apparaissent comme le dernier rempart contre les assauts du recteur et de son entourage entrepreneurial envers un enseignement de qualité et une recherche libre de définir ses problèmes avec les partenaires pertinents. Le productivisme envahit petit à petit l’université, et le recteur est aux manettes.

Voici notre programme pour ces élections.

L’ULB dégringole dans les rankings de la démocratie

Les quatre années passées, qui sont celles de la mise en place de la gouvernance, ont montré plus que jamais la nécessité d’avoir une opposition structurée face au recteur, (aux autorités) qui s’est montré particulièrement autoritaires à de nombreuses reprises.

Au nom de l’efficacité et d’un nouveau management, la nouvelle gouvernance a vidé la démocratie universitaire de son sens. Les représentants du corps scientifique ont perdu des sièges et, avec eux, leur capacité de s’opposer à certaines décisions…

Aujourd’hui, contrairement à ce qu’avait promis le recteur, le directeur général (Michel Loeb, ex Chiquita) et le président du CA (Pierre Gurdjian, ex-McKinsey) viennent tous deux directement du secteur privé. Comme si une université devait se résoudre à vendre des marchandises !

Actuellement, le seul lieu où le recteur et le président sont obligés de rendre des comptes est le conseil d’entreprise, organe légal auquel il ne peut déroger. Il doit en effet répondre aux questions des syndicats. Et nous ne nous sommes pas privés de le faire, et notamment de boycotter le CE quand nous n’obtenions pas de réponse correcte à nos questions. La moindre des ironies n’est pas que la gouvernance a conféré un nouveau rôle aux syndicats. Ayant dispersé l’opposition entre CoA et CA, les seuls organes où il est encore possible de contester sérieusement les décisions autoritaires sont ceux prévus par la loi. La gouvernance a dépolitisé les organes de décision de notre université. De surcroît, les autorités ont sur de nombreux points montré peu d’ouverture au dialogue et encore moins à la négociation. Dès lors, les syndicats constituent les derniers lieux de résistance face aux organes de la nouvelle gouvernance. Ce constat n’est pas fait pour nous réjouir. Nous avons assez de travail comme cela ! Et nous préférerions évidemment qu’un maximum de membres du personnel entrent en résistance face aux exigences de plus en plus folles qui pèsent sur nos conditions de travail

L’enseignement de plus en plus dévalorisé par rapport à la recherche

Il semble que l’idéal managerial soit de faire donner un maximum de séminaires, TP et labos via des sous-statuts (AEX, chargé d’exercice) et de produire un maximum de thèses via des boursiers. Or, ces statuts sont peu enviables (un boursier sait rarement que ses années de recherche ne pourront pas être valorisées dans le calcul de sa pension de la même manière que celles d’un assistant)

Au lieu de diviser les grands auditoires, on nomme des assistants pédagogiques qui sont déchargés de toute activité scientifique. De plus en plus les fonctions d’enseignement et de recherche sont séparées, comme en témoignent les attaques contre le statut d’assistant.

De plus en plus de tâches sont effectuées par des personnes qui ne devraient pas les faire : boursiers qui donnent des séminaires, chercheurs contractuels qui suivent des mémoires… Les départements sont soumis à des évaluations dont souvent on ne comprend pas le sens. Enfin, quoiqu’en disent les autorités, les rankings pèsent de tout leurs poids dans les orientations stratégiques et dans la nomination des personnes.